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Les prophéties prononcées par "Je sais tout" en 1905

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Dans son numéro 2, du 15 mars 1905, le tout nouveau magazine Je sais tout a consacré un long article intitulé "Les découvertes de demain" (sans nom d'auteur), à la question de savoir comment sera le monde en l’an 1950. Ayant eu la chance de pouvoir lire ce numéro du magazine chez des amis (merci Malou et Daniel !), je vais essayer, à l’aide de quelques citations commentées, de vous donner une impression de ce monde merveilleux qui selon le magazine aurait dû se réaliser il y a plus d’un demi-siècle.

Soit dit en passant que toutes ces idées ne s’appliquaient qu’à l’Europe et à l’Amérique du nord, les autres pays de la terre étant considérés comme autant de possessions à exploiter à fond et sans pitié.

Page

Citation

Observations

187

« Les rues seront, dans un demi-siècle, non seulement bien différentes de ce qu’elles sont maintenant, mais aussi différentes de l’idée qu’on se fait généralement des villes futures. La verdure y sera répandue à profusion, car la science de l’hygiène aura elle aussi fait des progrès, et l’air pur y circulera parmi les installations électriques, les terrains confortablement aménagés, les maisons tournant avec le soleil... »

Nous avons effectivement fait des progrès dans ce domaine, mais nous sommes encore loin de cette idylle, parce qu’entre-temps il y a eu l’automobile et le pétrole, Seveso, Bhopar, Sellafield, Tchernobyl, Toulouse, et j’en passe. L’air pur est resté un rêve et les espaces verts sont trop souvent la proie des promoteurs immobiliers, malgré tous les progrès de « la science de l’hygiène ». L’électricité, considérée comme une énergie propre en 1905, a entre-temps sinistré des pays entiers par un de ses modes de production, le nucléaire.

L’idée des maisons tournant avec le soleil n’a jamais vraiment eu du succès.

189

« Le téléphote ou télétroscope

Non seulement on pourra se parler à distance - ce qui est maintenant banal pour nous - mais on pourra par une ingénieuse transmission des ondes lumineuses, se voir à travers les murs et les espaces et se donner même la sensation d’un contact direct comme celui d’une poignée de mains. »

L’illustration accompagnant le texte montre une installation où une sorte de bras artificiel articulé sort du mur pour serrer la main à celui qui parle au téléphone.

Si l’idée de la poignée de mains téléphonique nous fait plutôt sourire aujourd’hui, celle de la transmission des images a fait son chemin - mais d’abord sous la forme de la télévision. Le téléphone à images, par contre, n’est en train de se répandre que depuis peu, avec 50 ans de retard. Mais son succès est moins dû à la transmission d’ondes lumineuses (qui se fait de nos jours dans les lignes de fibres de verre), mais à la numérisation des données, la combinaison du téléphone avec la photographie et l’énorme essor du téléphone mobile.

190

« En 1950, l’homme sera en grande partie maître des variations atmosphériques. »

Cette prophétie ne nous fait même plus rire, après toutes les catastrophes naturelles de ces dernières années, catastrophes dues en grande partie à la bêtise humaine, qui a grossièrement voulu adapter la nature aux besoins réels ou imaginaires de l’homme. Sans parler de l’effet de serre produit par l’activité de l’homme et qui risque de compromettre l’existence même de l’homme.

A l’heure où j’écris - le 10 août 2004 à 9 heures du matin - j’entends à la radio (Europe No. 1) le compte-rendu d’un rapport officiel qui dit que, en ce qui concerne le climat, « l’Europe court à la catastrophe ».

195

« Le chemin de fer de l’avenir, aérien et monorail

Suspendus à des rails aériens, les trains de voyageurs se précipiterons, sans obstacles, à des vitesses inouïes. »

L’illustration accompagnant le texte montre « Strassburg » [orthographe allemande pour Strasbourg, ville allemande à l’époque], avec un train suspendu à un mono-rail, comme on peut le voir (et prendre) encore aujourd’hui à Wuppertal en Allemagne.

Les seuls trains mono-rails fonctionnant de nos jour sont le "tram" suspendu de Wuppertal, témoin lent et presque muséal des idées du début du XXe siècle, et une liaison ville-aéroport en Chine, seule réalisation du tout moderne "Transrapid" allemand, train à grande vitesse commercialement agonisant depuis des années.

Les grands réseaux de trains ultrarapides, qui sont venus avec 50 ans de retard, continuent au contraire de profiter du système traditionnel à deux rails.

196

Dans le cadre des possibilités offertes par le « plus grand rendement des combustibles » :

« Il sera même possible à tout un chacun de chauffer et d’éclairer sa maison avec la chaleur perdue du fourneau de la cuisine, si, en 1950, il y a encore des cuisines et des fourneaux. »

Ces idées préfigurant l’économie et le recyclage d’énergie n’ont eu une chance d’être mises à l’ordre du jour que longtemps après la période visée par le magazine, lors du premier choc du prix du pétrole. Depuis, les alertes se sont succédées, majorées de celles de la mort de la forêt (l’allemand "Waldsterben"), de la disparition de la couche d’ozone, du réchauffement de la planète, des cancers provoqués par le nucléaire et le diesel, etc. etc. Malgré tout cela, les efforts d’économie d’énergie sont restés marginaux, au niveau mondial, parce que ce sont les financiers qui mènent le monde. Et eux, avec leur vue courte, ils ont l’air de vivre sur une autre planète...

196

En conclusion :

« Les hommes en vaudront-ils mieux ? En seront-ils plus heureux ? C’est une autre question, qu’il ne m’appartient pas de résoudre, ni même d’aborder. Peut-être cependant est-il permis d’espérer qu’en prenant de plus en plus conscience de la toute puissance relative à la science, en même temps que des difficultés de son œuvre, ils auront appris la tolérance réciproque et la patience, c’est-à-dire ce qu’il y a de meilleur dans la philosophie. »

Sans commentaire.

Depuis 1905, il y a eu d’autres essais de futurologie et à chaque fois les auteur croyaient savoir ce que l’avenir nous apporterait. Et immanquablement ils se sont trompés sur certains points importants, parce que l’on ne peut jamais tout prévoir. Pensez au dicton des scientifiques modernes, selon lequel un grain de sable déplacé dans une galaxie quelconque peut entraîner des catastrophes dans le reste de l’univers. Ne citons que quelques exemples reflétant l'état des choses :

Qu’en est-il de la semaine de travail de 21 heures prévue par "Le défi américain" de JJSS ?

Où en sont les merveilleux résultats de la planification communiste d’antan ?

Quel est l’avenir de l’Etat social ?

A quand la fin de la famine dans le monde ?

A quand la paix, prévue pour l’âge d’or suivant la destruction de l’empire soviétique ?

Hans-Rudolf Hower 2004

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Dernière mise à jour : 06/04/16