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Anonyme

Cesbron, Gilbert

Denuzière, Maurice

Halter, Marek

Hugo, Victor

Izzo, Jean-Claude

Makin, Andreï

Orsenna, Erik

Perrault, Gilles

Picouly, Daniel

Semprun, Jorge

Védrines, Jean

Werber, Bernard

   

Voir aussi :

Littérature franco-africaine

Littérature franco-antillaise

Littérature franco-canadienne

Cette page vous présente des livres appartenant à la littérature écrite en langue française et originaire de France métropolitaine, de Suisse romande, de Belgique wallonne et éventuellement d'autres pays d'Europe.

   

Anonyme

Il y a deux sortes d’anonymat qu’il ne faut pas confondre :

- L’anonymat total : le livre ne porte aucun nom d’auteur.

- L’anonymat déguisé : le livre paraît sous un pseudonyme.

Les causes de l’anonymat (total ou déguisé) d’un auteur peuvent être de nature très différente et ont souvent varié au cours des siècles. En voici quelques exemples :

- La mémoire de l’auteur s’est tout simplement perdue dans les brumes de l’histoire.

- L’auteur craignait d’être poursuivi pour avoir dit des choses désagréables au sujet de personnes ou institutions importantes.

- Le futur écrivain n’était pas sûr de la qualité littéraire et du succès de sa première œuvre.

- L’auteur de textes compromettants avait peur pour sa réputation au sein de la famille et dans le cercle des proches.

- L’anonymat était censé attirer plus l’attention du lecteur/acheteur.

L’anonymat d’un auteur est souvent maintenu pour toutes ses œuvres, mais il arrive qu’un auteur quitte l’anonymat (après les premiers succès ou pour certains types d’écrits) ou qu’il joue même avec toute une gamme de pseudonymes pour se démultiplier (exemple illustre : Fernando Pessoa).

Ne seront pris en compte ici que les livres soumis à l’anonymat total. Les livres parus en anonymat déguisé seront traités sous le pseudonyme de leur auteur.

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{Anonyme] Le Niçois

Roman policier lu en français.

Sur la couverture de ce livre on peut lire :

L’auteur, qui fait partie de la société secrète des milieux de Nice, a voulu conserver l’anonymat. Il n’ignore rien de la vie publique – et privée – qui façonne le visage de cette ville aux mœurs controversées.

"Tout est inventé", dit-il. Mais sait-on jamais..."

Personnellement je pense plutôt que l’anonymat de cet auteur n’est qu’une astuce publicitaire (à moins qu’il n’ait simplement eu honte de révéler à ses proches que c’était lui l’auteur de certaines perversités sexuelles décrites dans le livre). L’intrigue est tellement truffée de tous les ingrédients habituels d’un roman naviguant sur la vague commerciale du "sex and crime" que j’ai du mal à m’imaginer un autre motif. Mais qui sait ? La vie réelle et ses truands se fichent pas mal de la valeur littéraire de leurs manigances… A Nice même on m’a fait remarquer dernièrement (hiver 2003) que le sort d’unetelle, fille d’untel, restait encore et toujours un mystère.

En tout cas, le livre s’évertue de tenir en haleine le lecteur (surtout masculin !) autant par des scènes sexuelles allant jusqu’à une sorte d’apothéose perverse du viol, que par le suspense de l’intrigue policière.

La ville de Nice et ses environs restent d’ailleurs plutôt flous et quelconques, malgré quelques indications géographiques plus ou moins précises, mais stériles. On est loin d’un dense et vivant tableau de la ville comme Jean-Claude Izzo en a fait un splendide pour la ville de Marseille.

Un livre vite lu, stylistiquement pas désagréable, mais au contenu parfois aussi obscène que la vie réelle de certains milieux et de certains cerveaux...

Info / achat : Editions du Rocher, librairies, bouquinistes.

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Denuzière, Maurice

   

Un chien de saison

Roman lu en français.

Ce petit livre publié en 1979 est autant d'actualité de nos jours qu'il l'a été lors de sa parution parce que même si la société et la politique évolue, les joies et les problèmes de la cohabitation du chien et de l'homme restent toujours semblables.

Un boxer bringé prêté à un célibataire endurci, par sa famille qui veut passer trois semaines de vacances en Ecosse, voilà le scénario de départ qui ouvre la voie à toutes les catastrophes et à toutes les histoires d'amour - canines et humaines - formant la trame du récit.

La lecture de ce livre est très recommandable pour la santé (quoique non remboursable par la sécu) parce qu'il provoque des rires salutaires. Les propriétaires de chien riront en se rappelant leurs propres aventures canino-humaines tandis que les lecteurs non nantis de chien risquent de vouloir s'en procurer un après cette lecture.

Somme toute, un texte fort agréable et peu encombrant, donc facile à lire dans le métro ou en voyage.

hrh 07/09/06

Info / achat : amazon.fr, librairies, bouquinistes.

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Cesbron, Gilbert

   

C’est Mozart qu’on assassine

Roman lu en français.

Un jeune étudiant en médecine, fils d’un vieux médecin altruiste au possible, se marie avec une jeune fille à papa richissime, renonce à sa vocation de médecin, se lance dans les affaires de ses beaux-parents, devient chef d’entreprise. Avec son fils unique, le couple semble heureux et à l’aise. Entre-temps, leur fils a huit ans. Soudain l’homme s’éprend d’une jeune femme pauvre, lui paie un appartement et jouit d’un amour tout neuf. Mais sa femme est mise au parfum par une lettre anonyme, va en clinique pour se faire soigner les nerfs et demande le divorce. Il s’en suit un jeu macabre des avocats respectifs et une douloureuse odyssée physique et morale du petit garçon. Cette odyssée et ses dangers sont le sujet principal du livre et tous les événement sont (plus ou moins) vus par les yeux du gamin. Sujet intéressant à priori.

Malheureusement le livre date un peu (il est des années 1960) et la psychologie d’un gamin de huit ans n’est plus la même de nos jours, même à la campagne. A cela s’ajoute le fait que l’auteur abreuve le lecteur de toutes sortes de remarques intelligentes, voire pastorales, pour être sûr que l’intention du livre soit bien comprise. Ces remarques qui sont parfois tout à fait justifiées pour le fond, prêchent souvent l’évidence et prennent une tournure de plus en plus obsessionnelle et catholique vers la fin du livre. Apparamment Cesbron était assez désabusé de son temps et n’aimait absolument pas certains périodiques modernes, qu’il n’hésite pas à nommer et à decendre en flammes. Cela fait qu’au lieu de l’édifier, les remarques de l’auteur omniscient finissent par agacer le lecteur.

Info / achat : amazon.fr, librairies, bouquinistes.

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Halter, Marek

Marek Halter est né en 1936 à Varsovie. Sa famille réussit à s'enfuir du ghetto en 1940 et ne revient en Pologne qu'en 1946, après un long périple jusqu'en Ouzbékistan. Depuis 1950, la famille vit en France, où Marek Halter fait d'abord une formation d'artiste peintre. Pendant qu'il remporte ses premiers succès de peintre, Halter se lance dans la littérature (comme sa mère, qui était une poétesse yiddish) et écrit toute une série de romans. Dans ses œuvres littéraires aussi bien que dans ses articles de journal Halter ne cesse de militer pour les droits de l'homme, la paix et la mémoire de la shoah.

   

Le vent des Khazars

Roman lu en français.

Après la destruction du temple et l'occupation de la ville de Jérusalem par les Romains ainsi que la débâcle militaire de Massada, les Juifs de Palestine, dépossédés de leur "terre promise", se sont de plus en plus dispersés dans le monde. Exposés à l'hostilité et aux harcèlements du monde chrétien, d'une part, et bientôt à la poussée militaire des Musulmans, de l'autre, ils avaient perdu tout espoir - quand, au Xe siècle, la rumeur colportée par des commerçants au sujet de l'existence d'un empire entièrement juif les a autant surpris qu'enchantés. Il s'agissait de l'empire khazar.

Les Khazars s'étaient effectivement convertis au judaïsme, mais plutôt par calcul politique que par conviction religieuse, cette religion leur paraissant la moins dangereuse face à la pression de l'islam des Arabes et du christianisme orthodoxe des Grecs, c.-à-d. de l'Emprie romain oriental.

N'ayant aucune information vraiment fiable, mais rempli d'un espoir démesuré, le grand rabbin Hazdaï Ibn Shaprut de Séfarade (Espagne) a envoyé en Khazarie un messager, Isaac Ben Eliezer, avec une lettre posant toutes les questions qui lui tourmentaient l'esprit. Or, un voyage allant d'Espagne jusqu'au bord de la mer Caspienne (et retour) n'était pas une petite affaire à l'époque...

Le roman de Halter ne part pas du tout de ces données historiques, mais du travail quotidien d'un romancier juif français qui ignore tout des Khazars, mais qui par des événements d'abord anodins, puis de plus en plus contraignants se trouve de plus en plus impliqué dans une affaire politique et criminelle le conduisant inexorablement au pays des Khazars - et du pétrole...

L'intrigue se joue tantôt au Xe siècle, tantôt en l'an 2000, et les deux filières se croisent et finalement s'amalgament. Le lecteur est autant pris par le récit historique que par l'intrigue policière moderne, les deux tenant d'ailleurs fortement du roman d'aventure. Sans parler de cette tendre histoire d'amour qui plane sur tout ce qui se passe, comme le vent des Khazars...

Une histoire? Deux histoires? Ou bien trois? Les niveaux et les ramifications du récit sont agencés si ingénieusement que le romancier protagoniste du roman n'arrive pas plus que le lecteur du livre à se soustraire à ce tourbillon d'événements qui abolit les limites entre le présent et le passé.

Et ce, jusqu'au-delà du bout du livre, où les remerciements de l'auteur abolissent même les limites entre la réalité et la fiction... A moins que tout soit réel?

Info / achat : amazon.fr.

Si vous voulez vous plonger encore plus dans le monde des Khazars, je vous recommande le Dictionnaire khazar de Milorad Pavic. Sous ce titre, qui est un énorme "understatement", se cache un roman historique-recueil de contes de fées-roman d'aventures-roman d'amour-manuel cabbalistique et que sais-je encore - et surtout un excellent livre "hypertexte" avant la lettre. Je n'en ai lu qu'une des versions allemandes (la plus complète, malheureusement épuisée en ce moment), dont j'ai fait une critique enthousiaste en langue allemande dans Das Chasarische Wörterbuch.

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Hanin, Roger

Roger Hanin, né le 20 octobre 1925 à Alger, d’abord étudiant en pharmacie, maintenant plus que connu et décoré comme acteur et très présent à la télé française, a également plusieurs romans à son actif.

   

Les gants blancs d’Alexandre

Roman lu en français.

Ce récit burlesque de la sanglante évasion de deux patients de la "clinique psychiatrique de Villetaneuse" entre tellement profondément dans le monde schizophréno-paranoïaque de ses deux protagonistes "fous" qu’on a d’abord du mal à s’y retrouver, mais plus on avance dans la lecture, plus on est pris et plus on se pose des questions sur le monde où nous vivons tous. Hanin offre par la bande certaines explications des méfaits, mais il évite les excuses et les accusations. C’est par la simple présentation exagérée et caricaturale de ce qui se passe dans les actions et les pensées de ses personnages qu’il arrive à faire entrer le lecteur dans cet univers "pervers" qui est le nôtre et d’où il ne peut plus sortir avant la fin du livre.

J’ai rarement "dévoré" un livre aussi vite...

Info / achat : amazon.fr (plusieurs éditions).

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Hugo, Victor

   

Le dernier jour d’un condamné

Recits lus en français.

Ce livre contient en fait, en plus de la nouvelle intitulée "Le dernier jour d’un condamné" (qui est donc de la fiction), des textes et des lettres de protestation concernant les réelles affaires judiciaires de deux condamnés à mort connus à l’époque, Claude Gueux en France et John-Charles Tapner à Guernesey (Iles anglo-normandes). Sans parler de la préface écrite par Robert Badinter, à qui la France doit sans doute l’abolition de la peine de mort.

La particularité de la partie fiction de ce livre est de faire vivre et raconter le dernier d’un condamné par le condamné lui-même. L’effet en est impressionant.

A ma grande surprise, j’ai trouvé ce livre encore très "lisible" même de nos jours (je viens de le lire pour "réparer" une impasse que j’avais faite lors de mes études scolaires...) et devrait être pris en considération dans tous les débats sur la peine de mort.

Info / achat : amazon.fr (plusieurs éditions différentes).

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Izzo, Jean-Claude

Ayant d'abord été bibliothécaire, chômeur et vendeur aux puces, Jean-Claude Izzo (1945 - 2000) est arrivé au journalisme, à la télé, au cinéma avant d'écrire sa trilogie marseillaise de romans policiers, qui consiste en Total Kheops, Chourmo et Soléa. Il est aussi l'auteur d'un recueil de poèmes.

Et dans ses livres, il y a toujours Marseille, la ville, le paysage, les bon repas (combien de fois Izzo ne nous fait-il pas saliver dans ses romans !), la musique (surtout IAM), la mer, les îles, la solitude sur l’eau, l’amitié, l’amour...

Ceux qui connaissent Marseille, qui y ont vécu ou qui y vivent, appréciéront particulièrement ces livres, et ceux qui ne connaissent pas Marseille et n’y sont jamais allés, auront peut-être envie de faire la connaissance de ce phénomène de ville, après la lecture des romans.

Marseille n'a pas que des admirateurs français ! Allez voir le blog de Christiane Dreher sous Marseille ist Marseille ist Marseille pour vous en comvaincre (blog en allemand).

Observation linguistique

Les romans de Jean-Claude Izzo sont écrit dans un français parlé très "syncrétiste", où l’argot est aussi présent que le verlan, les italianismes du "milieu" et le méli-mélo linguistique des cités peuplées de toutes sortes d’éthnies non françaises, mais à majorité arabisantes. Total Khéops, quoi ! Peu de provençalismes (ou "niçardismes"), par contre...

   

Total Khéops

Roman policier lu en français.

Ce premier tome de la trilogie (avec Chourmo et Solea) dépasse largement le genre "roman policier" auquel il appartient poutant. La ville de Marseille est le "personnage" le plus important de ce livre qui est une déclaration d’amour pour elle, du début à la fin. Il s’agit d’un amour durement éprouvé, mais néanmoins inébranlable. Une urbanisation aux suites souvent fatales, une pression croissante de la mafia italienne, le déchéance de la mafia locale, les guerres des clans, la délinquence des jeunes, une immigration clandestine galoppante, les chamboulements de quartiers, l’insécurité des banlieues et des cités, le racisme, la prostitution, les viols, les meurtres, les tabassages, les règlements de compte, les jalousies entre collègues policiers, l’amour, les souvenirs, les regrets, les chances loupées, le temps qui passe...

L’intrigue en quelques mots : Trois gamins marseillais qui tournent mal. Puis, un cambriolage de trop... L’un des jeunes, sous le choc des évènements, devient "flic" (et le commissaire du roman), et les deux autres s’enfoncent de plus en plus dans une "carrière" criminelle. Mais les liens d’amitié restent (plus ou moins) intacts. Les choses se compliquent avec l’intervention des femmes... et des crimes de plus en plus dangereux… et de la mort... et de la vengeance (de qui ?).

Le commissaire n’a pas seulement des enquêtes de plus en plus difficiles à mener, mais il est de plus en plus impliqué lui-même physiquement et émotionnellement dans tout ce qui se passe. Le doute s’installe, la douleur s’intensifie... Sans parler du suspense pour le lecteur !

Info / achat : amazon.fr.

   

Chourmo

Roman policier lu en français.

Dans sa bien-aimée ville de Marseille, l'ex-commissaire Fabio Montale est confronté à la disparition inexpliquable d'un jeune garçon dont la mère lui tient très à cœur. Comme l'hypothèse d'une simple fugue devient vite invraisemblable, Montale se laisse entraîner par ses sentiments à pousser plus loin sa petite recherche personnelle - et se retrouve infailliblement pris dans les "galères" marseillaises où la Mafia, le Front national et les extrémistes islamistes font la loi. Il n'y a que la "chourmo" qui le sauve, c'est-à-dire l'esprit de la chiourme, l'esprit d'entraide de ceux qui se trouvent dans la même "galère".

Mais pourra-t-il sauver les êtres humains qui lui sont chers ? La bataille est plus que serrée et les choses se compliquent au fur et à mesure que l'enquête (tout à fait inofficielle) avance. Inutile de dire que la présence de la police (officielle) ne simplifie pas les choses...

Et comme toujours, chez Izzo, les choses les plus abjectes se passent dans le dédale des rues de Marseille, entouré et pénétré d'un paysage de rêve, fait de criques, de mer, de pêche, de musique et de bonne chère...

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Soléa

Roman policier qui me reste à lire.

Je vous en dirai plus dès que je l'aurai lu.

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Lainé, Pascal

Terre des ombres

Roman lu en français.

Le petit Witold naît dans une famille de la petite noblesse terrienne polonaise. Son père souffrant de la tuberculose est absent pendant de longues années pour soigner sa maladie. Quand celui-ci revient enfin et trouve sa femme entre les bras d’un autre homme, il s’en accommode presque bien, mais sombre petit à petit dans une sorte d’exil intérieur qui se terminera par sa disparition sans laisser de trace ni message. Pour le petit garçon le rôle du père se résume donc à une absence prolongée, une insignifiance totale et une disparition sans bruit.

Le jeune Witold vivra la Seconde Guerre mondiale, l’occupation de la Pologne par les troupes allemandes, le ghetto de Varsovie et sa destruction, la résistance polonaise, l’avènement du communisme en Pologne, l’amour d’une militante communiste et l’antisémitisme polonais survivant à la guerre, mais il sera surtout un "spectateur" côtoyant des personnes qui vivent les choses réellement. La plupart des évènements se déroulent devant lui comme un film dans lequel il n’a pas vraiment de rôle à jouer.

Grâce à l’amitié d’un jeune juif polonais (dont la vie et la mort constituent à mon avis les points forts de ce livre), Witold prend contact avec le milieu des cinéastes polonais et devient finalement un metteur en scène célèbre dans le monde entier. Mais puisque même cette nouvelle vie de gloire (dont on n’apprend rien de bien concret) n’arrive pas à vraiment l’atteindre au vif ni même à avoir une importance quelconque pour lui, il trouvera normal qu’elle prenne fin sans laisser de trace, comme celle de feu son père.

Si certains énoncés politiques dépassés de ce livre s’explique par le fait qu’il a été écrit avant l’écroulement du communisme dans l’est de l’Europe (que personne ne pouvait s’imaginer à l’époque), le problème poignant de l’antisémitisme reste malheureusement à l’ordre du jour, même après l’holocauste, et le sort du juif polonais raconté dans le livre n’est qu’un exemple individuel d’un problème plus vaste. Dans ce sens, il n’y a pas que la Pologne qui est une "terre des ombres".

De toute façon, ce livre n’est pas un documentaire, mais un roman. Ce qui compte est ce qui y est conté et comment. Et c’est là qu’il m’a déçu quelque peu. La plupart des évènements restent des images floues, comme vues par Witold, qui n’attache de l’importance à rien, qui vit toujours à deux mètres de la vie réelle... Il manque le concret, les détails, l’enchaînement et le suspens, bref : les histoires bien racontées.

A part quelques moments forts où une vraie intrigue commence à se développer (malheureusement pour trouver souvent une fin rapide), ce livre semble obéir à une conception intellectuelle d’ensemble, que l’auteur suit coûte que coûte – sans vraiment réussir à lui insuffler la vie. Peut-être Pascal Lainé n’a pas choisi le nom de Witold pour rien. Ce nom pourrait bien être une révérence à un autre Witold, dont l’intellectualisme passe toutes les bornes (voir Gombrowicz, Witold).

Il y a d’autres éléments du récit où j’ai eu l’impression d’un "déjà vu". Par exemple, le grand gymnase où Witold survit aux premiers mois de l’après-guerre pourrait directement provenir de La Storia d’ Elsa Morante. Mais peut-être les après-guerres se ressemblent tous...

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Makin, Andreï

Né en Sibérie en 1957, familiarisé dès l’enfance avec la langue et la civilisation françaises par sa grand-mère française, Andreï Makin vit en France depuis 1987.

   

Au temps du fleuve Amour

Roman lu en allemand.

Ce récit d’une enfance et jeunesse se joue dans un monde qui pour la moitié de l’année sombre sous des mètres de neige et le grand froid polaire, dans des tunnels piétons blancs péniblement creusés et recreusés, pour "larguer les amarres" lors de la gigantesque débâcle des glaces au printemps et finalement être écrasé par la chaleur continentale du bref été. Et au-dessus de tout cela, il y a le "pendule de l’histoire", qui pousse cette contrée tantôt vers l’Asie, tantôt vers l’Europe, mais qui, sur place, ne produit que des barbelés et des camps de travail.

C’est devant ces coulisses grandioses et déprimantes à la fois que grandissent trois amis dont chacun lutte à sa façon contre ces conditions extrêmes et finalement les surmonte : le narrateur à la première personne (qui inclut sans doute des traits autobiographiques de l’auteur dans son récit) sera littérateur, l’estropié par les glaces en furie sera journaliste, et le rescapé d’une tentative de viol luttera et mourra pour la liberté à Cuba. Pour chacun des trois, ce sont les sujets de l’amour, de l’Occident et du pendule de l’histoire étroitement liés qui jouent le plus grand rôle.

Pour le lecteur occidental, ce livre donne des réponses parfois surprenantes à plusieurs questions :

- Comment l’amour était-il possible sous les conditions arctiques et communistes existantes et quelles formes revêtait-il ?

- Comment la population "normale" de la Sibérie vivait-elle le "pendule de l’histoire" et l’omniprésent goulag ?

- Les Sibériens de l’époque se considéraient-ils comme des Européens ou plutôt comme des Asiatiques ?

- Quelle était l’idée que la population sibérienne avait de "l’Occident" et par quels moyens cette idée était-elle propagée ?

- Quelle était l’influence que le contact culturel avec "l’Occident" avait sur la vie affective et amoureuse des Sibériens (ou du moins sur celle de certains Sibériens) ?

Je me limiterai ici aux observations suivantes : D’après ce que dit le narrateur c’est longtemps avant la chute du Rideau de fer que les films français mettant en vedette Jean-Paul Belmondo avaient déjà ouvert une grande brèche culturelle et affective dans la vie quotidienne communiste. L’importance de cette brèche pour la préparation mentale de la population soviétique à une vie postérieure à la mort de l’URSS serait peut-être à reconsidérer de nos jours. Cela ne suffira probablement pas à réhabiliter complètement les intellectuels de gauche, surtout français, qui pendant des décennies fermaient simplement les yeux sur certaines choses et évolutions "pas belles" en URSS. Mais il est indéniable que l’importation de ces films français n’aurait guère été pensable sans les rapports quelque peu privilégiés que les intellectuels français avaient avec l’URSS à l’époque.

Observations linguistiques

Le titre français du livre profite du fait qu’en français le nom du fleuve Amour s’écrit et se prononce comme le nom commun "amour". A vous d’interpréter...

Ce que les Sibériens de l’époque ne savaient sûrement PAS, c’est que le nom italo-corse de Belmondo, qui signifie littéralement "beau monde", exprimait exactement ce qu’il signifiait pour eux, l’annonce d’un monde meilleur. (Reste à demander aux Sibériens actuels s’ils continuent à voir dans l’Occident ce monde meilleur tant convoité autrefois...)

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Orsenna, Erik

   

La grammaire est une chanson douce

Nouvelle(?), conte de fée(?) lu en français.

Aimez-vous les mots, les langues, et surtout le français ? Et en avez-vous plus ou moins été dégoûté(e) par vos profs ? Dans ce cas vous allez apprécier sinon adorer ce petit livre d’Erik Orsenna parce que vous le ressentirez comme un de vos propres cris du cœur. Ce livre exprime bien des choses que beaucoup d’entre nous auraient souvent eu envie de lancer à la figure de ces soi-disants enseignants qui ont manqué leur vocation de ... (mettez ici ce qui vous vient à l’esprit). Tantôt dur, voire sarcastique, tantôt poétique à faire rêver, mais toujours près des faits de l’Education nationale française, ce fascicule est autant révolutionnaire qu’enchanteur.

Avis à ceux et celles qui enseignent le français aux étrangers :

C’est tentant d’utiliser ce petit livre dans les cours de français pour étrangers. Mais pour l’apprécier, il faut non seulement aimer la langue française, la poésie et les contes de fée, mais il est indispensable d’avoir une certaine tournure d’esprit et une certaine éducation "à la française" - choses difficiles (mais pas impossibles) à communiquer à qui ne les a pas. Il faut donc bien choisir le groupe d’élèves étrangers à qui on veut faire lire ce livre. Bien que les difficultés linguistiques ne soient pas très grandes, la lecture risque de tomber à plat devant un public qui n’est pas "branché" sur la question fondamentale soulevé par ce livre. Ma femme Danielle en a fait l’expérience et ce, avec des adultes.

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Perrault, Gilles

Né en 1931. D'abord avocat au barreau de Paris, puis écrivain. Collaborateur de Jacques Deray pour la mise en scène cinématographique de Le Dérapage.

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Le dérapage (Un crime)

Roman policier lu en français.

C'est l'avocat d'un double parricide qui raconte l'histoire de sa plus grande victoire remportée aux assises - l'acquittement de son client contre toute évidence - et la débâcle qui s'en est suivie. En effet c'est immédiatement après l'acquittement qu'il apprend que son client a vraiment tué ses parents... Bouleversé par la nouvelle, il se laisse entraîner dans une enquête personnelle qui au risque de sa vie professionnelle et même physique - et au risque de la vie de tant d'autres personnes - lui fait découvrir les motifs proches et lointains du meurtrier. L'avocat - et le lecteur - va de surprise en coup de théâtre. Le suspense reste intense jusqu'à la fin du roman et ce n'est que la toute dernière phrase qui donne l'explication du zèle jusque-là inexplicable de l'avocat...

Présentant peu de personnages dans seulement deux endroits (cour d'assises et lieu du crime), étant truffé de dialogues serrés et allant de revirement en revirement, ce roman se prête énormément à une mise en scène théâtrale ou cinématographique. En lisant j'avais souvent l'impression d'assister à une pièce de théâtre. La mise en scène cinématographique a d'ailleurs été faite par Jacques Deray en collaboration avec l'auteur.

Mine de rien, Perreault fait une critique acerbe de la justice française, et spécialement des cours d'assises, où le sort de l'accusé (et de la Justice) dépend grandement des capacités théâtrales et oratoires des avocats, de leur choix plus ou moins habile d'une tactique d'argumentation et de l'efficacité des coups de théâtre provoqués par eux. (On trouve d'ailleurs le même engagement de l'auteur dans Le pullover rouge, où Perreault démontre que dans cette affaire de meurtre, un innocent a été guillotiné au nom de le justice. Le recours en grâce a été refusé par le président de la république de l'époque, ce qui fait qu'en France l'une des toutes dernières exécutions avant l'abolition de la peine de mort a été une erreur judiciaire - irrémédiable par définition et argument fort pour l'abolition.)

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Picouly, Daniel

Daniel Picouly, né en 1948 à Villemomble, est un écrivain, scénariste de bande dessinée et présentateur français.

Plus d'information sur l'auteur : Wikipédia française sous Daniel Picouly.

Pour une liste de ses écrits voir amazon.ca, amazon.co.uk, amazon.com, amazon.de/at, amazon.es, amazon.fr ou amazon.it.

   

Daniel Picouly, La faute d'orthographe est ma langue maternelle

Sorte de conte lu en français.

L'auteur a une peur bleue. Il doit retourner à l'école, non pas pour apprendre à lire, à écrire et à calculer mais pour affronter les questions plus ou moins pertinentes ou impertinentes de toute une classe d'écoliers au sujet de son travail d'auteur. Déjà avant d'aller là-bas c'est le cauchemare : rêvassant, l'auteur se voit debout sur un pupitre, puni, immobile, immobilisé, menacé d'une chute douloureuse. Et il y a le tourbillon de toutes les questions que les élèves pourraient bien lui poser. Et qu'y répondre ?

Comment s'en sortira-t-il, de cette galère ?

Titre : Il est à prendre au pied de la lettre parce que l'auteur dit que sa mère a toujours été sur le pied de guerre avec l'orthographe....

Somme toute : Comme l'auteur raconte ses malheurs avec l'humour qui lui est propre, ce petit fascicule est une aréable petite lecture pour le métro ou le tram.

[hrh 09.10.12}

I n f o r m a t i o n   /   A c h a t
Daniel Picouly, La faute d'orthographe est ma langue maternelle

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Semprun, Jorge

L’écriture ou la vie

Roman lu en français.

Jorge Semprun a été profondément marqué par son séjour forcé au camp de concentration de Buchenwald. Et ce livre en parle, de multiples façons.

En lisant ce livre j’ai été une fois de plus frappé par le fait que quasiment tous les rescapés des camps ont eu toutes les peines du monde à mener une vie "normale" après ce qu’ils avaient vécu là-bas. On "sait" cela par tout ce qui a été écrit là-dessus, mais j’ai constamment devant mes yeux l’exemple d’un rabbin que j’ai connu à Heidelberg aux années 1960 et celui de l’un de mes oncles qui a séjourné à Buchenwald pour propagande contre Hitler. Les deux souffraient d’accès de panique "inexplicables" qui pouvaient les prendre à tout moment, et plus ils avançaient dans leur vie, plus ils souffraient. Et la difficulté d’en parler ... à des gens qui ne pouvaient pas comprendre ... ou qui ne voulaient pas comprendre...

Jorge Semprun en parle (en écrivant), et cela lui sauve la vie... dans la mesure du possible.

Info / achat à amazon.fr : français, espagnol. Info / achat à amazon.es : français, espagnol.

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La deuxième mort de Ramon Mercader

Roman lu en français.

Jorge Semprun n’a pas qu’un passé à "digérer". A côté de son séjour à Buchenwald, il y a ses longues années de militant communiste, qui se sont avérées énormément difficiles à gérer à la longue.

Dans ce livre, qui pourrait aussi bien être classé parmi les "polit-thrillers", mais les dépasse, et de loin, Jorge Semprun nous fait vivre, vraiment vivre, une intrigue politico-criminelle de première ordre, surtout à Amsterdam, avec un grand nombre de flash-back jusqu’à la guerre civile d’Espagne entre les deux Guerres mondiales et le contre-poids de la contemplation du tableau célèbre "Vue de Delft". En toile de fond, un réquisitoire sarcastique contre le militantisme à la communiste.

Les moyens stylistiques employés sont superbes et agréablement troublant. Non seulement on assiste à des monologues intérieurs prenants, mais il y a souvent un entrelacement de deux de ces monologues, ce qui fait que la vie psychique de deux personnes s’unit tout en alternant...

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Védrines, Jean

Romancier et critique littéraire, Jean Védrines a surtout été connu du grand public grâce à ses livres parlant de l'Italie. Dans L'Italie et la langue « gommée », article de Vincent Roy publié le 5 septembre 2008 dans LE MONDE DES LIVRES, Jean Védrines est cité avec les paroles suivantes :

L'Italie est ma patrie imaginaire. C'est le travail de toute une vie de découvrir sa patrie imaginaire. C'est un vieux tropisme chez moi. Depuis mon enfance, je suis attiré par les « châteaux en Italie ».

   

L'Italie la nuit

Roman lu en français.

Giovanni a quitté l'Italie il y a 30 ans. Depuis, il a vécu en France mais n'a pas oublié son ancienne patrie. Après tant de temps il revient au pays, c'est-à-dire à son "paese" au sens italien, son village des Pouilles, dans le "profondo sud" de l'Italie (selon le titre original de Giorgio Bocca, L'enfer), cette région au-delà d'Eboli où le Christ n'a jamais mis les pieds (voir Carlo Levi, Le Christ s'est arrêté à Eboli). Et Giovanni retrouve - au bar, où sinon ? - tous ceux qu'il a connu dans le temps - sauf ceux qui sont mort entre-temps. Les vivants ont tous vieilli mais au fond ils n'ont pas vraiment changé - et finalement rien a changé. La vie se passe au ralenti comme d'habitude, on va toujours au même bar, on raconte toujours les mêmes choses, surtout sur les femmes et les sempiternelles amourettes, toujours des mêmes personnes, bien sûr...

L'arrivée dans cet univers figé, aux traits d'une antiquité déformée, est dur à supporter, aussi bien pour Giovanni que pour le lecteur. Il y a les mouvements habituels, mais quand est-ce qu'il se passera enfin quelque chose ?

Les événements s'annoncent petit à petit, comme un crescendo musical qui part du pianissimo pour s'élancer vers le finale furioso. Il se passe donc des choses, même très dynamiques. Il y a des intrigues, des accidents, des catastrophes. Mais où et quand ? Tout se passe dans la tête des habitués du bar, dans leurs récits, dans le passé. Ce monde des Pouilles n'est pas fait pour bouger.

Giovanni Vetrini, pardon : Jean Védrines, raconte tous ces événements (et non événements) dans une langue qui pourrait bien être celle de quelqu'un qui a passé une bonne partie de sa vie en France mais a conservé dans sa tête la façon de penser qu'il avait du temps de sa jeunesse italienne. Ce roman est plein d'expressions et de "modi di dire" qui ne s'expliquent que par un savant amalgame linguistique franco-italien.

Résumé : L'authenticité des personnages et du scénario de ce roman est remarquable. Il en est de même pour la description des sites (surtout Foggia trou de province et Matera ville troglodyte [la même Matera qui avait tant scandalisé Carlo Levi]). C'est un livre pour ceux qui aiment l'Italie et les Italiens et c'est un régal particulier pour ceux qui ont quelques notions d'italien. Mais il faut un peu d'endurance pour supporter l'immobilisme (voulu et justifié) des tout premiers chapitres.

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Voir aussi l'entretien de Michel Field avec Jean Védrines sur L'Italie la nuit. Ce petit film (gratuit) produit par Hachette est disponible à dailymotion.com.

[hrh 15/07/09]

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Werber, Bernard

Né en 1961 à Toulouse, journaliste scientifique et romancier né, Bernard Werber a créé un style propre à lui, à cheval entre le rapport scientifique, le roman d’aventure et le conte philiosophique.

   

Les fourmis

Roman dévoré en français, premier volume de la trilogie consacrée aux fourmis.

Quand on m’a parlé avec enthousiasme de ce livre, je me suis demandé comment on pouvait se passionner tant pour les fourmis. Entre-temps, je ne me le demande plus. Après la lecture du premier quart du livre, je tremblais déjà avec ces minuscules héroïnes du roman, après la moitié, je voyais tout avec les yeux de la 103.683e fourmi et après les trois quarts, je prenais mes distances par rapport aux Doigts, ces êtres roses surdimensionnés qui habitent, d’après une légende myrmécéenne, au-delà du bout du monde des fourmis et ne respectent pas la règle suprême du monde animal, celle de ne pas faire usage du feu. Pris dans ce savant mélange de savoir zoologique, sagesse philosophique, aventure initiatique et intrigue policière se développant en parallèle, tant au niveau des fourmis qu’à celui des Doigts, j’ai dévoré ce livre avec délice en un temps record, tout en apprenant un tas de choses sur le monde des fourmis de la forêt de Fontainebleau. Rien que l’intégration du langage olfactif des fourmis dans l’intrigue d’un roman est un coup de maître, et il y en a d’autres ! Le passage des sciences exactes à la science-fiction "formicologique" se fait tellement en douceur que même après coup on a du mal à localiser le passage des unes à l’autre...

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Le jour des fourmis

Roman dévoré en français, deuxième volume de la trilogie consacrée aux fourmis, mais tout à fait lisible sans connaître le premier volume.

Si dans le premier volume les grandes confrontations ont lieu entre les fourmis et leurs voisins animaux, le deuxième volume raconte les premières grandes confrontations entre les fourmis et les Doigts, surtout ceux travaillant dans la recherche et l’industrie des insecticides... Toujours de la même veine, ce volume jongle également avec les différents niveaux du récit, celui des fourmis et celui des Doigts, et les différents styles allant du commentaire scientifique à l’intrigue policière en passant par la réflexion philosophique. Un assassin insaisissable et invisible employant des méthodes déroutantes angoisse la population "doigtière". Les fourmis sont vite mises en cause. La confrontation avec le monde (in)humain amène l’auteur à introduire quelques personnages "doigtiers", à commencer par un commissaire de police qui se croit plus malin que les autres et une jeune journaliste qui possède chez elle un aquarium rempli d’une fourmilière entière. A-t-elle dompté les fourmis pour tuer des hommes ? A vrai dire elle aurait un motif, mais... Je ne vous dirai pas la suite, pour vous laisser le plaisir et le suspense de la lecture.

L’intrigue policière est loin d’être le seul intérêt de ce volume. La rencontre des civilisations humaine et fourmi va beaucoup plus loin que cela, grâce à une "croisade contre les Doigts" qui se terminera de façon plus qu’étonnante.

Dans ce volume, l’auteur passe par moments, de la science-fiction "formicologique" à l’invraisemblable, fait relevé et discuté par les protagonistes mêmes du récit (ce qui est tout à fait dans la tradition littéraire de "l’ironie romantique" du XIXe siècle). Mais même l’invraisemblable n’est pas impossible !

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La révolution des fourmis

Roman dévoré en français, troisième volume de la trilogie consacrée aux fourmis, mais tout à fait lisible sans connaître les autres volumes.

Après la rencontre (tome 1) et la confrontation (tome 2), ce livre devrait en principe montrer la coopération des mondes myrmécén et "doigtier". Mais la route est longue et incertaine parce que des milieux (in)humains intéressés refusent d'envisager seulement cette collaboration et les partisans de la coopération entrent vite en conflit avec la législation en vigueur. Bref, il y a du suspens jusqu'au bout !

Ce dernier volume de la trilogie se lance dans une science-fiction très sympathique, autant dans le monde des fourmis que dans celui des "Doigts", mais il arrive à "remettre les pieds par terre" dans un bel atterrissage final.

Mon résumé de la lecture des trois volumes : à lire absolument, avec un sourire aux lèvres !

Observations linguistiques

L'invention de la machine nommée "pierre de Rosette", qui traduirait le langage olfactif des fourmis en langue humaine et l'inverse, est un beau rêve qui restera un rêve encore bien longtemps sinon à jamais. Même les machines à traduire d'une langue humaine dans une autre langue humaine ne sont qu'à leurs premiers succès plutôt restreints, bien que là, nous ayons affaire à des langues, des pensées, des mentalités, des civilisations que nous connaissons parfaitement. Quant aux fourmis...

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Hans-Rudolf Hower 2003

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Dernière mise à jour : 06/04/16